La pédagogie Gattegno

Apprendre autrement

Autonomie

Le but final de tout enseignement devrait être de rendre les apprenants responsables de leur apprentissage pour qu’ils deviennent autonomes et indépendants.  C’est ce que nous cherchons à faire.

Dynamisme

Comment faire un cours dynamique ? Certainement pas en demandant au professeur d’expliquer mieux ! La dynamique d’un cours dépend de l’implication profonde de tous les participants. C’est pourquoi nos enseignants se tiennent en retrait pendant le cours, vous faisant travailler, laissant la place à vos inventions et vos explorations

Liberté

Enfants, nous avons tous appris à nous lever, à marcher, à courir et même à parler notre langue sans que personne ne nous l’enseigne. Notre enseignement vous permet de retrouver en vous cette formidable capacité d’apprendre que vous aviez petit, cette sensation de puissance qui se manifeste quand nous apprenons selon notre propre élan.

Economie d’énergie

Il existe des façons d’apprendre bien plus efficaces que celle qui consiste à mémoriser. La grande majorité de ce que nous mémorisons est perdu quelques jours plus tard, à moins de revoir, revisiter et réviser.

En revanche, les savoir-faire ne s’oublient pas, même après des années de non-utilisation. Nous savons faire du vélo même si nous avons arrêté d’en faire depuis des années.

Alors, chez Actualis, nous basons notre enseignement sur la création de savoir-faire. Nous ne vous demandons pas de mémoriser mais de comprendre et de faire. C’est la base pour la mise en place de vos nouveaux savoir-faire.

Mémoriser est une façon très coûteuse d’apprendre. Mettez-la de côté pour un enseignement durable.

Prise de confiance

C’est la réussite qui engendre la confiance. La réussite ne vient pas à la fin d’une période quand vous avez « une bonne note », mais tout au long de chaque journée, avec le feed-back que vous recevez à chacune de vos interventions.

Caleb Gattegno

« Je suis professeur de personnes, pas de mathématique ou de langues »

Caleb Gattegno

Caleb Gattegno (né le 11 novembre 1911 à Alexandrie et mort le 28 juillet 1988 à Paris) enseigne d’abord les mathématiques à Alexandrie et ensuite au Caire. Il obtient son doctorat de mathématiques à  l’Université de Bâle en 1937. Après la seconde guerre mondiale, il commence à publier livres et articles et à donner des séminaires partout dans le monde (Europe, Japon, Amérique).

Il continue lui-même à se former comme enseignant, et obtient un Masters of Arts in Education à l’Université de Londres en 1948 puis, en 1952, un Doctorat de Psychologie à l’université de Lille

Il fonde à cette époque la CIAEM (International Commission for the Study and Improvement of Mathematics Education) et l’ATAM (aujourd’hui devenue l’ATM, Association of Teachers of Mathematics du Royaume-Uni celle-ci a aujourd’hui environ 4000 membres.)

Il travaille avec Piaget, dont il traduit plusieurs ouvrages.

En 1957, il part en Ethiopie avec l’UNESCO pour une mission visant à combattre l’illettrisme, il étudie la langue franche de l’Ethiopie, l’amharique, et crée pour ce faire des outils qui deviendront la base de l’approche Silent Way.

En 1968, il fonde Educational Solutions à New York où il vivra jusqu’à sa mort en 1988.

Il laisse derrière lui 14 livres majeurs, d’innombrables livres et livrets scolaires et près de 500 articles, sans compter la transcription de ses nombreuses conférences sur l’éducation.

Sur le plan pratique, sa contribution au monde de l’éducation est vaste avec des outils destinés à l’enseignement des mathématiques (Géoplans, usages multiples des réglettes Cuisenaire©), des langues (panneaux Silent Way© dans une cinquantaine de langues), et de l’alphabétisation (Words in Color© / Lecture en Couleurs©).

Quelques domaines d’application

Le Silent Way est l’approche pédagogique élaborée par Caleb Gattegno pour l’enseignement des langues étrangères : l’objectif est d’économiser le temps et l’énergie des apprenants dans leurs apprentissages.

L’apprenant, point central de l’approche

L’approche s’appelle Silent Way, parce que le professeur reste le plus silencieux possible. Le silence est l’outil essentiel de l’enseignant. Dès le début les apprenants occupent 90% ou plus du temps de parole. Le fait d’être silencieux déplace le point d’attention : il passe de l’enseignant aux apprenants. Le silence permet la mise en place de coopération au sein de la classe et permet à l’enseignant de l’observer et d’intervenir à bon escient.

Les hypothèses fondatrices sont les suivantes :

  • L’apprentissage est facilité lorsque l’apprenant est mis en situation de découvrir et de créer.
  • L’apprentissage est facilité si toutes les voies d’apprentissages sont mises en exercice : auditive, visuelle, kinesthésique…
  • L’apprentissage est facilité si l’apprenant est motivé par la résolution de défis appliqués à la matière enseignée.
  • Le professeur n’est pas un modèle à copier, mais plutôt un coach.
  • Le professeur se doit d’être à l’écoute des apprenants et d’ajuster les défis proposés en fonction de là où ils se situent dans leur apprentissage.

Appliqué à l’enseignement des langues étrangères :

  • Le professeur ne propose pas de modèle vocal ; il guide l’apprenant dans la production des sons justes de la langue enseignée.
  • Il propose aux apprenants des expériences à faire avec la langue. Il indique la présence éventuelle d’erreur et d’imperfection. Il ne corrige pas directement, mais indique l’emplacement de l’erreur. L’apprenant propose une correction. Le cycle continue jusqu’à ce que la production soit juste.
  • Reproduisant l’ordre d’apprentissage de la langue maternelle chez les jeunes enfants, Silent Way se focalise d’abord sur l’oral et utilise constamment des situations concrètes pour que les apprenants vivent toujours ce qu’ils disent.
  • L’écriture est abordée dans un second temps.
  • Tous les aspects de la langue sont abordés : structure de la langue, grammaire, orthographe, temps verbaux, prononciation des sons et prosodie.

La Lecture en Couleurs est l’application de l’approche pédagogique de Gattegno à l’apprentissage de la lecture.

Elle s’adresse à tous les publics, enfants comme adultes non-scolarisés. Elle permet une remédiation efficace lorsque la lecture n’a pas été acquise correctement. De plus, elle prépare et accompagne l’apprentissage de l’écriture, depuis l’acquisition du geste d’écriture jusqu’au perfectionnement de l’orthographe.

Les outils de Lecture en Couleurs permettent à l’apprenti-lecteur de découvrir et d’explorer les savoir-faire nécessaires à une lecture de bonne qualité :

– les conventions de l’écrit (sens de lecture, séparation des mots, existence de la lettre, de la syllabe, du mot…)

– l’algèbre de l’écrit (transformations, ajouts, inversions…)

– les différentes graphies

– la vitesse de lecture

Ces apprentissages sont progressifs et hiérarchisés. Chaque nouvel apprentissage inclut et intègre l’acquis. Dès le départ, la lecture est enseignée comme une extension des savoirs de l’apprenant, qui en particulier sait déjà parler, discriminer, fabriquer des images mentales…

Les capacités et talents déjà présents chez le nouveau lecteur sont donc utilisés par La Lecture en Couleurs d’une manière identique aux processus d’apprentissage naturels du cerveau humain, tels que la médecine et les sciences cognitives les ont mis en évidence.

Il s’agit d’une approche des mathématiques qui se concentre sur l’acquisition des savoir-faire et des fonctionnements mathématiques chez les apprenants plutôt que sur l’apprentissage robotique de formules et de savoirs.

Dans cette approche, les concepts abstraits sont représentés physiquement afin de les rendre visibles et manipulables par les élèves. Avec des matériels très simples comme les réglettes Cuisenaire ou les géoplans, l’enseignant peut montrer les nombres et leurs relations, les figures géométriques et leurs transformations… Les élèves se trouvent au contact de situations mathématiques sur lesquelles ils peuvent intervenir, expérimenter, percevoir. Cette approche a été reprise par la méthode de Singapour.

Les apprenants parlent naturellement, avec leurs propres mots, de ce qu’ils ont fait et vu. L’enseignant les met alors au contact du vocabulaire mathématique, qui leur permet d’exprimer avec plus de précision ce qu’ils ont vu et les expériences qu’ils ont menées.

L’enseignant fait alors appel à la capacité d’imager des apprenants pour qu’ils continuent à fabriquer des situations mathématiques, mais cette fois de manière abstraite, sans support physique.

Ces trois étapes constituent le processus de mathématisation. Non seulement les élèves acquièrent de l’expertise sur les objets mathématiques, mais ils acquièrent des compétences transférables à leurs apprentissages futurs.

Quel que soit le niveau des mathématiques enseignées, ces mêmes principes sont appliqués.

Fondamentaux de l’approche

La prise de conscience

C’est par les prises de conscience que tous, nous sommes en contact avec nous-même et avec le monde qui nous entoure. Ainsi nous « savons» marcher. Mais si nous nous cassons une jambe, vont arriver dans notre conscience avec beaucoup de force chacun des efforts musculaires que nous croyions connaître. De même nous « savons» parler français. Mais, pour l’enseigner, chaque difficulté doit arriver à notre conscience.
Une information reçue par les élèves sous forme de prise de conscience reste et fera partie de leurs acquis, alors qu’une prise de connaissance, qui a lieu quand on leur explique quelque chose, est oubliée rapidement. Provoquer chez les élèves des prises de conscience qui construiront leurs savoirs est donc l’essence même d’un enseignement subordonné aux apprentissages des élèves.

Ces formations permettront aux participants de mieux comprendre comment les humains apprennent et partant, et de quelle manière ils peuvent modifier leur enseignement pour le rendre bien plus efficace.

 

La science de l’éducation

De même que l’alchimie est devenue la chimie quand il a été possible d’établir une unité de mesure, de même l’éducation peut devenir une science quand une unité de mesure est définie. Pour Caleb Gattegno, la prise de conscience est celle de la science de l’éducation.

Dès lors, il devient possible de se poser des questions précises telles que Quelles sont les prises de conscience nécessaires pour apprendre à lire ? ou Quelles sont les prises de conscience nécessaires à l’apprentissage des fractions ? et d’en établir une liste. Faire en sorte que les élèves fassent dans l’ordre toutes les prises de conscience utiles à leur apprentissage dans la discipline enseignée permet d’économiser leur temps et leur énergie.

L’un des thèmes des formations sera une étude du rôle de la prise de conscience dans les apprentissages. Plusieurs disciplines seront examinées.

 

Le Moi, le psychisme et l’affectivité

Bien que nous grandissions, que nos goûts changent et que nous sachions toujours plus au fil des jours, nous avons le sentiment d’être la même personne depuis que nous avons conscience de nous-même.
Nous travaillerons dans une psychologie de l’être humain où ce qui nous donne ce sens de stabilité prendra le nom de psychisme, alors que la partie de nous-même qui explore le monde et en prend conscience, faisant ainsi nos apprentissages, sera appelé le Moi. L’affectivité est le nom que nous donnerons à l’énergie qui nous permet d’accomplir des tâches jusqu’au bout, malgré d’éventuelles difficultés. L’affectivité fournit l’énergie de la motivation.

Lors des formations, nous verrons comment ces trois aspects de chaque être humain fonctionnent ensemble et comment les utiliser chez nos élèves.

 

Nos capacités d’enfants

Les petits enfants démontrent par les prouesses accomplies durant leurs premières années — la station debout, la marche, le langage, les relations humaines et beaucoup d’autres apprentissages — qu’ils sont des apprenants hors pair. Nous avons tous été ces petits enfants…
Pendant ces formations, nous regarderons cet univers de la petite enfance de façon détaillée et verrons comment le préserver à l’école, et comment le faire re-émerger si les apprenants en ont perdu le contact.

 

La subordination de l’enseignement à l’apprentissage

Enseigner en subordonnant, c’est observer où chaque élève en est moment par moment, et construire la leçon dans l’instant en réponse aux besoins qui se révèlent au fur et à mesure que celle-ci se déroule.

Les participants auront l’occasion d’apprendre de très nombreuses techniques qui permettent d’enseigner en subordonnant, et s’entraîneront à les utiliser.

 

L’évaluation interactive

Pour enseigner avec efficacité, l’enseignant doit savoir ce que ses élèves possèdent déjà afin de construire à partir d’une base identifiée et stable. C’est pourquoi l’évaluation interactive prend une place considérable quand on subordonne son enseignement aux apprentissages de ses élèves.

Un point fort de cette approche pédagogique est l’évaluation interactive. Elle permet aux enseignants d’ajuster leur leçon au fur et à mesure que celle-ci avance et de faciliter le passage des obstacles rencontrés par chaque élève quand ils se révèlent. C’est un des sens de la phrase « subordonner son enseignement aux apprentissages de ses élèves ».

 

Préparer: postparer

Quand il n’est pas avec ses apprenants, un enseignant doit effectuer trois sortes de préparations : préparer son cours, se préparer à faire cours et post-parer le cours qui vient d’avoir lieu.

1.     Préparer un cours, c’est maîtriser les concepts à faire apprendre, en avoir démonter toutes les articulations, tous les liens qui s’y attachent. C’est réfléchir à la hiérarchie des prises de conscience à faire faire aux élèves qui leur permettront d’acquérir ce qu’il enseigne.

2.     Se préparer à faire cours, c’est ouvrir son esprit pour accueillir chaque élève et ses erreurs. Celles-ci sont la matière brute autour de laquelle sera inventée la leçon.

3.     Postparer, c’est chercher à savoir comment il aurait été possible de mieux faire le cours qui vient d’avoir lieu : se remémorer ce que l’on a pu observer de ses élèves, savoir où ils en sont et concevoir le cours suivant en en tenant compte.

La préparation met l’accent sur ce que l’on considère que l’on doit enseigner.
La postparation au contraire met l’accent sur les élèves et sur leurs apprentissages et sert de point de départ pour les cours suivants.
Se préparer à enseigner, et utiliser la postparation enlèvent le stress de l’enseignant tout en augmentant considérablement l’efficacité de son enseignement.
Or, entrer en cours avec un plan de la leçon à venir empêche le plus souvent l’enseignant de développer un contact réel avec les élèves dans le feu de l’action. L’enseignant se prive alors de la joie partagée de créer le cours en relation avec ses élèves qui se réveillent et se mettent à apprendre.

 

La motivation

D’où vient la motivation ? De la réussite, oui, mais surtout du sentiment de plénitude, de se sentir grandi par l’apprentissage que l’on vient de faire. Nous sommes tous faits pour apprendre ; nous sommes tous curieux par nature, et c’est la curiosité qui nous motive.
Quand un enseignant sait greffer son enseignement sur les apprentissages de ses élèves, ceux-ci retrouvent la joie de l’apprentissage véritable et la motivation apparaît. Ce n’est pas de la magie, c’est simplement de l’enseignement efficace.
Un cercle vertueux s’installe : invitation à explorer, exploration, expérimentation, découverte, sentiment de puissance, envie d’explorer de nouveau, invitation à explorer quelque chose d’autre … et ainsi de suite. Pour mettre le processus en marche, on utilise des situations susceptibles de déclencher des prises de conscience.

L’un des buts des formations est de fournir aux participants un grand nombre de telles « invitations à explorer » en lien avec la matière qu’ils enseignent, et surtout de leur montrer comment créer à volonté de telles situations, moment par moment, dans leurs cours. Alors les cours deviennent comme une session de jazz où les musiciens élaborent la partition au fur et à mesure dans une écoute réciproque, créative et réjouissante.

 

Le feed-back (retour d’expérience ou d’information)

Le feed-back est un moment où chacun examine ses propres processus d’apprentissage.
Il existe deux types de feed-back : celui dont on se sert à tout moment pendant le cours et qui est un autre nom pour l’évaluation interactive, et le feed-back réalisé à la fin d’une période de travail—une journée ou quelques jours, par exemple.
Le feed-back aide les élèves à devenir conscients du travail accompli et à en évaluer la qualité. Il leur permet de savoir si leurs apprentissages pourraient être plus efficaces.
Quant à l’enseignant, ces moments de feed-back lui permettent de savoir comment les élèves se sentent par rapport à leurs apprentissages—à l’aise ou en difficulté, par exemple. Il saura comment il devra travailler avec chacun et améliorera ainsi la qualité de son enseignement dans la durée.

 

Les voies de connaissance

Par quels chemins apprenons-nous tout ce que nous savons ? Ces chemins, que Gattegno appelait les « voies de connaissance » incluent la perception et l’action, et ce sont par elles que les jeunes enfants apprennent à connaître leur monde.
Depuis quelques siècles, l’analyse, le sens du détail, forme la base des sciences, au détriment de la synthèse. Gattegno appelle « intuition » l’union de l’analyse et de la synthèse. Le fonctionnement intuitif est alors à la fois au contact du détail et du système. C’est ce double regard qui provoque les prises de conscience.
Mais pour Gattegno, l’intuition est la voie de connaissance de l’avenir. Elle est la plus fructueuse car c’est elle qui nous permet d’étudier les questions complexes pour lesquelles nous ne pouvons pas espérer trouver des réponses simples telles que nous fournirait l’analyse. Maintenant, au vingt-et-unième siècle, il est temps de développer cette voie de connaissance qui nous ouvre une autre façon d’appréhender notre monde. Nous le ferons lors des formations.

 

La mémoire et la rétention

La mémorisation nous coûte cher en temps et en énergie et elle est peu fiable. Nous oublions si facilement ! Il y a certaines choses en revanche que nous retenons parfaitement. Nous reconnaissons des lieux, retrouvons notre chemin sans l’avoir mémorisé, remontons sur nos skis avec tous nos acquis, fredonnons sans problème une berceuse d’enfance.
C’est cette « rétention » qui nous permet d’avoir accès à des milliers d’images mentales de toutes sortes : d’évoquer nos amis d’enfance, la cour de l’école primaire que nous avons fréquentée, des parfums sentis des années auparavant, le goût d’un repas particulier …
Ce système fonctionne en continu, il ne coûte rien en énergie et il est très efficace.

Lors des formations, nous chercherons à savoir comment utiliser le système de rétention dans notre enseignement pour que nos élèves apprennent plus vite, sans fatigue excessive et durablement.